Batman Arkham City Lockdown
Infinity Bat

Imaginez la surprise : un Batman Arkham City qui surgit comme ça, sans crier garde, sur l'App Store. Imaginez aussi la déception initiale : il ne s'agit en fait que d'un clone d'Infinity Blade. Même moteur 3D (le fameux Unreal Engine), mêmes besoins limite scandaleux en mémoire système (possesseurs de machines antérieures à l'iPad 2, préparez-vous à de multiples bidouilles pour ne serait-ce que faire tourner l'appli) et même concept de base. Pas de liberté quasi-totale dans une ville gigantesque, pas d'acrobaties fabuleuses à réaliser comme dans le grand frère de salon ; on avance ici sur des rails jusqu'à la prochaine baston, laquelle se résume grosso modo à glisser le doigt sur l'écran au bon moment pour attaquer ou parer. Pour ne rien arranger, les premières comparaisons avec le hit de Chair Entertainment ne sont pas à l'avantage de la chauve-souris en collants serre-fesses. Le système de combat apparait plus creux que celui d'Infinity Blade (qui n'était déjà pas particulièrement complexe) avec simplification des contres et des esquives et disparition de la gestion d'inventaire, entre autres.
A la décharge de NetherRealm (auquel on doit la réussite du dernier Mortal Kombat sur consoles), Batman n'est cependant pas tout à fait le même jeu. Infinity Blade repose en effet sur une certaine passivité : seules les contre-attaques se révélant réellement efficaces, le joueur est amené à soigner avant tout sa défense. Ici, c'est un style plus offensif qui est privilégié. Le système de combos – déjà présent dans Infinity – est ainsi particulièrement mis en avant dans le tutorial. Les adversaires parent moins et une petite panoplie de gadgets (gants électrifiés, bombes fumigènes…) permet de créer soi-même ses propres ouvertures.
Une version d'Infinity Blade plus orientée action
Batman est par ailleurs plus scénarisé que son modèle. La progression suit un chemin linéaire traditionnel fait de niveaux, de secteurs à débloquer et de phases de boss construites comme des mini-aventures, agrémentées de petits bonus interactifs : diriger le Batarang à l'aide de l'accéléromètre, éviter les coups d'un géant lancé à ses trousses… Des ajouts sympathiques formant un ensemble au rythme rapide et nerveux.
Reste que tout cela est vite fini : deux heures à peine pour atteindre le Joker et sa face de clown. Après quoi, il est possible de tout recommencer, la même chose qu'avant en un peu plus difficile histoire d'emmagasiner les points WayneTech et de débloquer les dernières upgrades. Du Infinity Blade, donc, mais en moins bien. L'erreur de jugement initiale était peut-être d'avoir trop attendu de ce qui n'est, au final, qu'un simple produit dérivé, développé avant tout pour capitaliser sur le succès de Batman Arkham City, le "vrai" jeu sur consoles (voir les fonds d'écran bonus, les costumes proposés en achats in-app, etc.). Dans ce contexte, Lockdown n'est pas déplaisant, y compris comparé à l'inévitable original. Tout dépend de ce que l'on cherche : deux petites heures d'action pêchue mais périssable ou bien le train-train d'une recette efficace mais répétée à l'Infinity ? Dis comme ça, les deux se valent.