Escape from Age of Monsters HD
Élection coups de poing : à droite (bleu), à gauche (rouge)
Avec une légèreté et un humour burlesque immédiatement communicatifs, Escape from Age of Monsters se fait très vite comprendre. Car au running game classique et sans ligne d'arrivée, cette hilarante parodie moitié cartoon moitié comic US des films d'horreur des années 50/60 ajoute un système de coups à assener sur les obstacles qui greffe au gameplay sa personnalité. Quand certaines productions plombent d'entrée le candidat joueur sous des piles de scénarii et de tutoriaux lourdingues censés expliquer quoi faire et éventuellement pourquoi, certains rares jeux trouvent, avec ce qui semble une facilité déconcertante, et leur concept de jeu et l'histoire qui va avec.
Cours toujours tu m'intéresses

Le héros fuyard malgré lui doit donc échapper à la mêlée de monstres à sa poursuite. Avec lui, les deux enfants pétrifiés de terreur courant sur ses talons représentent son nombre de vies, en plus de la sienne, et donc d'essais. Un enfant croqué par un monstre, une vie de perdue. Facile. Sur sa route au milieu des décombres, le pauvre bougre perpétuellement en mode panique doit détruire des obstacles réguliers à coups de poings. L'astuce qui tient en éveil consiste à devoir choisir entre coup de poing droite ou coup de poing gauche en fonction de la couleur rouge ou bleue de l'obstacle. Il s'agit donc d'appuyer avec le pouce gauche ou droite sur l'icône rouge ou bleue correspondante disposée en bas de l'écran. Pour corser l'affaire, les icones deviennent d'ailleurs très vite invisibles et obligent à ne pas égarer ses pouces. Et le but du jeu, tout simplement, consiste à courir le plus longtemps et le plus loin possible avant de se fracasser contre un mur ou une mâchoire de monstre.
Parrainages professionnels
Entrainée par les coups de crayons de
Jeff Matsuda dessinateur reconnu de comics, la formidable animation 2D, simple et efficace, organise un réjouissant burlesque jamais décevant, même pas confronté à l'échec. Le Game Over participe à l'humour et si la course au score s'en trouve évidemment pénalisée, chaque crash et ratage arrache quand même un sourire. On se retrouve ainsi au cœur d'une production capable d'offrir un vrai challenge à maîtriser à force de répétitions patientes, et un spectacle qui engage le joueur même en cas d'échec. Parfaitement intégrée à la production, la monstrueuse bande son hard rock constituée du single
Boost du groupe
The Bingesqui peut être acheté à partir de l'appli) ponctue chaque péripétie et pousse aux fesses le joueur en pleine course. En particulier quand un combo réussi (en l'occurrence trois punchs, ou plus, de suite) déclenche un mode turbo où tout s'accélère à la limite de l'hystérie.
Pièces jaunes forever
Au hasard des impacts pendant l'inexorable course en avant, des sacs de pièces, hamburgers, et autres joyeusetés traversent inopinément l'écran et il faut d'un geste éclair griffer l'item pour le collecter. Les décidément increvables symboliques pièces jaunes ainsi amassées servent évidemment à acheter quelques avantages : 2000 pour une vie supplémentaire sur un parcours, 25 000 pour une vie supplémentaire immortelle… Au bout de cette logique, sans surprise, l'interface propose d'acheter avec du vrai argent de quoi alimenter la tirelire virtuelle (5000 pièces jaunes pour 0,99 $ - menu, comme le jeu, en anglais et dollars US - 110 000, attention, pour 19,99 $).
Répétitions payantes

Résultat, devant cette économie trop réelle, mieux vaut retrousser ses manches et assurer en jouant. À cet effet, le jeu ne manque pas de provocations et d'opportunités de multiplier ses gains en cours de route. Aux murs immuables sur la route du héros s'ajoutent bientôt des créatures venant à sa rencontre. Rouges ou bleues, elles s'éliminent pareillement du coup de poing correspondant. La difficulté principale consistant, déjà avec les obstacles en dur, à bien apprécier la distance pour déclencher le coup de poing très élastique façon dessin animé, la même appréciation devient de plus en plus périlleuse quand l'ennemi arrive vers soi en volant à des vitesses variables. Les premières rencontres finissent généralement mal et obligent à recommencer patiemment en se jurant de garder ses nerfs et donc sa dextérité devant la moindre prochaine surprise. Et puis, non, quand même, tel un running gag dont on serait le héros malgré soi : re-PAF. Enfin, parce que malgré son principe répétitif, au bout d'une course plus réussie qu'une autre, inévitablement, il faudra esquiver ou éliminer de la même manière un boss gluant.
Plus fouillis rock que l'élégant et référentiel
Canabalt, Escape from… dégage une énergie communicative. Même si la répétition des décors et si le cri et le riff de guitare du top départ finissent par crisper, la patte graphique et l'ambiance parodique incitent sérieusement à rempiler. Si ce n'est pour le score que le Game Center valide en trois catégories (score, meilleure distance et distance totale parcourues), au moins pour la tête du prochain monstre de derrière ou de devant.
L'appli existe de façon individuelle sur iPhone ou iPad, ici testée, pour un prix modeste dans tous les cas…