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Lost Winds
Jusqu'où emporte le vent ?

Le control original qui évite le pad virtuel
Ambiance sonore et visuelle délicate et raffinée
3 sauvegardes indépendantes possibles

Plate-forme : iPhone & iPad
Catégorie : Jeux
Editeur : Frontier Developments Ltd
Développeur : Frontier Developments Ltd
Version testée : 1.0 (21/12/2011)
Langue : Français

Taille : 69,7 Mo
Prix : 2,99 €
Trouver l'application sur l'App Store
Trop d'incertitudes dans le contrôle du vent
Petits soucis techniques sur iPad 1
Objectifs pas assez clairs

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Malgré un contrôle délicat exploitant la fameuse Wiimote, LostWinds appartient aux rares créations enthousiasmantes parues sur WiiWare, le magasin de jeux dématérialisés en ligne de la console de salon Wii. Son arrivée pleine de charme sur iOS dans une appli universelle iPad/iPhone réjouit et crispe tout autant.

Avec son mélange d'exploration et de plateforme plutôt solide et classique, LostWinds fait sans nul doute partie des jeux traditionnels du niveau des consoles de salon ou portables. Il s'agit même d'une production originale (une suite existe également sur WiiWare, inspirée, certes, par l'ambiance de jolies productions made in Japan, mais soucieuse de présenter un gameplay inédit. Dans des décors rocheux et champêtres dérivés des jardins japonais, LostWinds met en scène un petit garçon adorable qui apprend progressivement à contrôler le vent. Exploration, allers-retours, découverte de nouveaux passages, traversée de village à flanc de montagne se pratiquent sur un seul plan de profil malgré des personnages et des décors bel et bien construits en volume. Un choix graphique qui, avec la merveilleuse musique, entre comptine pour enfants et musiques traditionnelles japonaises, confirme une jolie réussite artistique.

Tradition et innovation


Toku, le petit héros, se déplace donc au doigt comme dans un « pointé-cliqué ». Il suffit de toucher un endroit accessible du décor pour qu'il s'y rende automatiquement. Les variations sont même au programme avec pression maintenue puis lâchée qui automatise indéfiniment le déplacement (aux risques et périls du joueur) ou glissement du doigt sur la vitre que suivra presque fidèlement Toku capable tout seul de grimper une grosse marche. Sauter, par contre, fait appel au contrôle vedette du vent, ou plutôt de petites rafales de vent. Pour atteindre une plateforme surélevée ou franchir un vide, le doigt déclenche des petites bourrasques de vent en frottant une ou plusieurs fois le héros dans la direction souhaitée. Toku décolle alors, flotte un peu avant de subir la pesanteur. Il y a là une variante du saut prolongé de Yoshi, le petit dino partenaire de Mario. Sauf qu’au lieu de maintenir une pression rassurante d'un bouton, il faut ici frotter vivement et plusieurs fois la vitre pour espérer atteindre le rebord envisagé. C'est dans cette manipulation à la fois délicate et frénétique que se télescopent l'ambiance décontractée zen et les incertitudes du contrôle qui rend nerveux.

Souffler n'est pas toujours jouer


Le pouvoir de Toku allant heureusement en augmentant, il va pouvoir aller très vite plus haut et plus loin porté vaille que vaille par les bourrasques de vent. Mais la manipulation, pas toujours fiable, laisse systématiquement un sentiment d'insatisfaction. Car si ce petit pouvoir sur les courants d'air fait plaisir quand il déplace tous les feuillages, les cascades d'eau et même les flammes, il crispe quand il s'agit d'atteindre un vrai objectif. Même si la partie jeu de plate-forme proprement dite ne cherche pas vraiment le jeu d'équilibriste précis habituel. Peu aidé par des décors qui ne distinguent pas de façon certaine les arrière-plans inutiles des avant-plans servant vraiment de marchepieds, le joueur se prend aussi les pattes au moment d'éliminer, à coups de bourrasques, une créature nuisible ou au moment de déplacer un élément de décor. Rien de pire que de voir son personnage planer involontairement quand il faut, avec le même geste, faire décoller un rocher qui servira de contrepoids. Le parcours dans le décor consistant souvent en des étages supérieurs, un mauvais geste groupé renvoie le petit bonhomme deux niveaux plus bas. Difficile de mesurer si un contrôle plus rigoureux du personnage faciliterait la tâche ou aggraverait la situation. Le compromis retenu par les développeurs laisse hélas circonspect. Avouons que le doigt, voire les doigts puisque les deux mains peuvent intervenir, fatiguent moins ici qu'avec tout le bras équipé d'une Wiimote du jeu original sur Wii.

Compréhension inégale


D'un point de vue game design, malgré d'agréables petites vidéos de démonstration, des panneaux très clairs d'explications des contrôles in game et des dialogues très bien écrits en français (avec une jolie typo en plus), les objectifs et le repérage topographique se révèlent confus à l'usage. À l'obligation d'allers-retours pas toujours justifiés ou plaisants sous le poids du rythme tranquille des déplacements, le vague fléchage de la carte ajoute à la confusion plutôt que d'aider. Les idées qui servent le moins s'avèrent les plus réjouissantes comme arroser les plantes en envoyant du vent dans l'eau ou en soufflant sur une torche de façon à ce que les flammes consument un obstacle. La sauvegarde automatique à l'ancienne, c'est à dire en passant devant des totems disposés ici ou là, rassure mais oblige à recommencer certains enchainements en cas de sortie inopinée de l'appli (dont le multitâche fonctionne inégalement). L'intégration à GameCenter avec 12 petites "Réalisations" à accomplir fonctionne elle sans anicroche.

Prise de risque intéressante


LostWinds n'a pas à avoir honte de son gameplay risqué, sur Wii, et maintenant sur IOS. C'est parfois le prix à payer pour innover. Le joueur conciliant devra donc s'attendre à lutter d'avantage contre les contrôles inédits que face à un parcours classique dans le décor. Plus dommageable et moins excusable en revanche, le jeu rejoint le bataillon grossissant des applis qui lâchent trop fréquemment sur iPad 1 ou au framerate (action et animations à l'écran) subissant des ralentissements. Cela empêche par exemple de profiter sereinement du curieux mode photo bonus (alimenté par la collecte de 24 figurines dans le jeu) qui permet de marier photos personnelles et personnages du jeu. Même avec ses handicaps conceptuels et techniques, LostWinds reste un objet précieux, un jeu que la musique, les couleurs et l'ambiance BD délicate, donnent toujours envie de lancer, histoire de souffler un peu.

Par François Bliss de la Boissière, le 09/01/2012

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