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MotoHeroz HD
Le frère cartoon du génial Trials HD
Publié le 29/05/2012, par François Bliss de la Boissière
Plate-forme :
iPhone & iPad
Editeur :
Ubisoft
Développeur :
RedLynx
Version testée :
1.3 (15/05/2012)
Langue :
Anglais
Taille :
24 Mo
Prix :
Gratuit
Trouver l'application sur l'App Store

On aime :
Le moteur physique
Les circuits
Le style visuel
Logiciel haut de gamme
On aime moins :
Se retrouver coincé sur le dos comme une tortue
L'absence de prédictibilité de certains obstacles
Pas universel iPad/iPhone
Le misérabilisme de la monétisation (facultative)

Note :

Sorti bien discrètement fin 2011 en téléchargement sur une Wii de moins en moins au centre de l'attention, c'est avec une sensation de vraie découverte et d'espoir que l'on lance MotoHeroz sur iPad ou iPhone. Ce petit frère cartoon (développé par le même studio finlandais RedLynx) des désormais incontournables Trials HD et Trials Evolution sur Xbox Live se révèle tout aussi indispensable sur iOS.

Au moment de ce test, MotoHeroz iPad et iPhone (hélas pas en version universelle) était téléchargeable gratuitement (et ce jusqu'au 31 mai). Mais qu'on se le dise, de 0,79 euro la version iPhone, à 2,39 euros sur iPad, il vaut son pesant d'or. Il suffit d'avoir touché Trials HD ou sa suite récente Trials Evolution pour saisir de quoi il retourne. Les dessins arrondis façons dessins animés ne font qu'habiller le même moteur physique imparable des grands frères photo réalistes sur Xbox Live.

4 roues ne veut pas dire plus facile


Dans MotoHeroz, des buggys ou quads fantaisistes remplacent les motos de Trials. Bien que dessinés en volume, rochers, verdure, arbres, planches ou tonneaux de bois ont l'aspect rondouillard d'un dessin aimable et chaleureux. Mais le principe et la mécanique restent les mêmes. L'engin motorisé se lance sur des circuits cabossés avec pour objectif d'atteindre la ligne d'arrivée pour gagner, selon le temps imparti une, deux ou trois étoiles. Le véhicule fantôme du temps minimum ou, si l'on patiente un peu, celui d'un meilleur score en ligne, accompagne le trajet et donne joliment l'impression de ne pas être seul sur le circuit sans pour cela créer de collisions fâcheuses. Autant dire que gagner la deuxième et troisième étoile va obliger à drôlement s'appliquer parce que, et là diffère un peu le gameplay, le trajet des circuits est en général moins fluide et contrôlables que ceux (pourtant bien bousculés) des Trials.

Génial jeu d'équilibre


Puisque son buggy reste automatiquement dans l'axe de la piste toujours présentée de profil, le joueur doit simplement veiller à sa propulsion avant ou arrière et à maintenir son équilibre horizontal après les multiples sauts et rebonds imposés par le décor. Là, clairement, le simple contact binaire à la vitre enlève une grande partie des subtilités du contrôle analogique à la manette. Selon la prise en main de la tablette ou de l'iPhone, les pouces ou index droits et gauches doivent sans cesse et simultanément gérer deux "boutons" distincts chacun tout en acceptant de perdre le contact les quelques fractions de seconde nécessaires à passer d'un point de contact à l'autre. Handicap pas nouveau sur iOS, obligeant encore ici à un apprentissage mais qui, sur la distance, finit tout de même par bien donner une illusion de contrôle au joueur. Les options permettent de modifier la disposition des boutons virtuels sans évidemment changer la problématique.

Chaos acrobatique


Les engins tous terrains à quatre roues, un modèle différent et non interchangeable attribué obligatoirement à chacun des huit niveaux *, sont amenés à plus de cascades improbables encore que les motos de Trials. Ils devront faire marche arrière, coller à la piste pour épouser un circuit dessinant des loopings, ou même des demi loopings. Certaines portions friables du circuit doivent être percutées avant de pouvoir passer, d'autres devront être contournées. Ainsi, tout en évitant les terrains minés et les explosions spectaculaires des Trials, MotoHeroz s'invente quand même son propre « grand circus ». Aux sauts périlleux s'ajoutent quasiment des saltos arrière tout aussi obligatoires. Il faut ainsi parfois revenir sur ses pas pour atteindre la sortie ou même remonter un mur vertical en marche arrière pour y arriver !

Items à gogos


Les engins récupèrent opportunément sur le trajet des abilités éphémères à utiliser judicieusement. Sauf que ni le turbo qui fait accélérer brusquement, ni le rebondissant ressort, ni le jet pack donnant des ailes, n'offrent un contrôle certain. Pas obligatoire, leur utilisation chaotique se fait toujours à partir d'un laborieux apprentissage. Certains circuits demandent en plus un timing très particulier de déclenchement entre le moment de la récupération et celui de l'obstacle à contourner. Et quand il faut enchaîner le turbo pour rouler sur un mur vertical conduisant à un looping partiel, retomber sur ses pattes pour attraper un ressort et déclencher in extremis le super bond devant un gros rocher, puis freiner pour éviter un éboulement de façon à récupérer un jetpack et voler en diagonale jusqu'à une portion de circuit au-dessus d'une grande roue ne tournant pas dans le sens souhaité, le jeu d'équilibre initial devient tout à coup bien plus complexe.

Toujours cette tentation pas nette


Dans l'exercice de l'incitation à la dépense virtuelle ou réelle, MotoHeroz se la joue assez fine mais pas finaud. Sympa, du moment que l'on franchit la ligne d'arrivée, le jeu a l'amabilité de créditer les pièces jaunes ramassées sur le circuit. On ne joue donc jamais tout à fait pour rien. Car évidemment les dites pièces servent à payer les améliorations de son buggy : accélération, vitesse de pointe, boost. Et bien sûr pour 2,99 euros on peut acheter toutes les améliorations d'un coup. Mais attention, l'opération est à répéter pour chacun des huit buggys. Au bout de la tentation, 0,79 euro achète 200 000 pièces jaunes, 5,99 euros neuf millions (!) et 2,39 euros multiplie par 1,5 la récolte des pièces jaunes in game. Les "pauvres" ne sont pas oubliés, le programme offre régulièrement 10 000 pièces jaunes si l'on regarde une bande-annonce de jeu de 30 secondes (pour info, une amélioration coûte au minimum 30 000 pièces, soit 1mn30 de pub à regarder). Encore une fois, la pente glissante vers la monétisation laisse un goût amer dans un programme par ailleurs haut de gamme.

Le double cartoon des Trials


Si le moteur physique à l'origine des Trials et de MotoHeroz donne son génial et unique nerf à la course d'obstacles, l'hyper productif studio finlandais RedLynx a aussi un sacré savoir faire en conception de circuits. Même si nombre de péripéties font hurler de dépit, on ne s'y ennuie jamais. Chaque parcours contient ses surprises, ses wouah visuels ou physiques. Les défis peuvent même s'enrichir quand il faut par exemple accomplir un grand saut de tremplin ou porter sur son toit jusqu'à la sortie un ballon qu'un autre concurrent, cette fois vraiment présent physiquement, cherche à attraper. Contrairement aux Trials, il n'y a ici pas de checkpoints puisque les circuits se franchissent en moyenne entre 30 et 45 secondes (voire bien moins dans les records hauts). Mais il suffit de toucher un bouton pour relancer le circuit instantanément. Voilà un programme extrêmement bien huilé qui incite à recommencer, recommencer, recommencer, cet énervant circuit qu'on va bien finir par arriver à franchir au prochain essai, au prochain essai, au prochain essai. On aura compris. Quand c'est bon, on ne compte pas… son temps.

* Jeu sorti le 15 mars 2010. La mise à jour du 15 mai a ajouté du contenu inédit et un système de Leagues en ligne avec "amis" que nous n'avons pas pu tester efficacement.
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