N.O.V.A. 3 - Near Orbit Vanguard Alliance
Baisse de forme

Le problème lorsque l'on a quasiment atteint le sommet est qu'il existe désormais plus d'opportunités de redescendre que de grimper. Modern Combat 3, bien qu'excellent, commençait à montrer de petits signes d'essoufflements et dessinait assez clairement le cahier des charges à venir : un peu plus d'ambition dans le gameplay, c’est-à-dire réduire la dépendance sur les idées des autres, et augmenter un tout petit peu la qualité du scénario, un exercice qui n'a visiblement jamais été la priorité de Gameloft. Autant le dire tout de suite : les dialogues de N.O.V.A. 3 restent un gloubiboulga de séquences volontairement embarrassantes, d'explications aussi interminables que laborieuses, et même d'interjections lasses du héros demandant texto s'il est vraiment nécessaire de se taper tout ce blabla. C'est entendu : le storytelling n'intéresse définitivement pas grand-monde, y compris chez les créateurs.
Un démarrage un peu laborieux

Ce que l'on attendait moins, en revanche, c'est que le studio dérape sur ses propres acquis, soit l'expérience FPS. Rien de très sérieux, mais des petites choses qui, lorsqu'elles se multiplient, peuvent prodigieusement agacer, principalement durant les toutes premières heures : bugs occasionnels, passages loin d'être clairs, situations de mort instantanée un peu trop fréquentes, séquences à bord de véhicules à la jouabilité abominable… Il faut laisser passer les deux premiers chapitres pour, enfin, voir la campagne se déployer. Là encore, rien de véritablement révolutionnaire : N.O.V.A. 3 se contente de suivre à la lettre un plan d'action classique que d'autres ont défini bien avant lui (Halo en tête). Le cœur du gunplay, cependant, reste étonnamment satisfaisant pour un jeu mobile et les créateurs se permettent même quelques variations bienvenues comme, par exemple, un niveau se déroulant durant une tempête de sable, forçant le joueur à composer avec une visibilité réduite. La qualité des contrôles, comme souvent chez Gameloft, compte pour beaucoup : personnalisation du placement des boutons et gyroscope continuent à s'imposer comme le standard précis et fun pour le FPS sur iOS.
La sophistication visuelle se paie

Un bref coup d'œil au jeu permet par contre de repérer ce qui a probablement été la priorité numéro un du studio. Visuellement parlant, N.O.V.A. 3 représente une mise à jour majeure par rapport à Modern Combat 3. Des niveaux tels que ceux se situant à San Francisco permettent d'apprécier pleinement la qualité du niveau de détail et les animations des personnages apparaissent comme beaucoup plus réalistes. Revers de la médaille : le programme est également beaucoup plus gourmand en ressources et ce sont les machines d'ancienne génération telles que l'iPhone 4 ou l'iPod Touch 4 qui souffrent le plus. La campagne solo n'est pas parfaitement fluide mais, au moins, elle se laisse jouer sans trop de gêne. Le mode multijoueur est une toute autre affaire : même après application généreuse d'un brouillard artificiel censé réduire la quantité de calculs et la complexité des scènes, il n'est pas rare de dégringoler sous la barre des dix images/seconde ce qui, dans un environnement aussi compétitif, s'avère proprement injouable.
Un excellent FPS… sur iPhone 4S ou iPad 2

Dommage car, une fois de plus pour la série, le réseau regorge de possibilités ludiques : nombreux modes de jeu, système de points d'expérience avec arsenal et upgrades à débloquer, cartes bien pensées… D'après les expériences des joueurs sur de multiples forums, Gameloft semble avoir principalement concentré ses efforts sur le processeur A5 ; iPhone 4S et iPad 2 s'imposent apparemment comme les machines de choix pour faire tourner ce nouvel épisode. Curieusement, le nouvel iPad doit lui aussi se passer de certains effets graphiques : ces derniers, couplés à la résolution super-HD à laquelle sont affichées les images, suffiraient à mettre à genoux le dernier processeur Apple. Tout cela ne fait pas forcément de N.O.V.A. 3 un mauvais jeu. La campagne, lorsqu'elle démarre enfin, reste ultra-efficace, et les modes réseau, pour peu qu'on puisse les jouer correctement, sont certainement tout aussi addictifs que ceux des précédents volets. Il est en revanche toujours décevant que des machines soi-disant compatibles, dixit la page App Store du jeu, ne parviennent à offrir qu'une expérience à la limite de l'acceptable. C'est là un nouveau challenge pour Gameloft qui, au moment où se multiplient les processeurs et les configurations iOS disponibles sur le marché, voit son cahier des charges se doter d'une nouvelle tâche essentielle : assurer un minimum de flexibilité à son moteur de jeu.