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Le monde se divise en deux catégories : ceux qui ont un pistolet chargé et ceux qui creusent. Toi, tu creuses ! » Tandis que le long chargement de Six-Guns s’opère, notre esprit d’amateur de westerns vagabonde dans les grandes étendues désertiques de l’ouest américain, là où s’affrontent cowboys, indiens et autres chercheurs d’or. Souvenirs d’une
Dernière séance qui n’était jamais la dernière (« alors ce soir, on va voir deux films avec le grand James Stewart… », ndlr), le genre attise toujours autant l’imaginaire. Et lorsqu’il est abordé sous la forme d’un GTA-Like, comme ce fut le cas récemment sur consoles de salon avec l’excellent Red Dead Redemption, nous ne pouvons être qu’enthousiastes. Ah ! Voilà, le chargement du menu est (enfin) terminé, place à l’action !
Poor Lonesome Cowboy
Dès les premières minutes, Six-Guns plonge dans l’ambiance promise : vastes étendues de l’Ouest sauvage, petite ville de prospecteurs, demoiselles en détresse et colt dans le fourreau. Nous faisons la connaissance de Buck Crosshaw, un cowboy solitaire qui n'a jamais tiré sur un homme sans raison. Pourtant, c'est un hors-la-loi qui a dû simuler sa mort et s'échapper en Arizona. Mais en voulant fuir, Buck se retrouve confronté à un nouveau danger. Une ancienne force maléfique se cache dans cette mystérieuse région. Le décor est planté, l’heure est venue de faire parler la poudre.
Comme souvent chez Gameloft, à qui l’on doit ce titre, la réalisation est impressionnante pour un jeu iPhone/iPad. Comme tout bon GTA-Like qui se respecte, la liberté de mouvement est totale et promet des heures de cavalcades dans des environnements à couper le souffle. Limitation du support oblige, il est vrai que la vie n’est pas très développée et nous avons rapidement le sentiment d’être un peu seul au monde dès lors que l’on quitte les villes visitées. Si cela peut être gênant dans un jeu situant son action dans un milieu urbain, une absence d’activité débordante choque moins dans le décor du désert d’Arizona. On accepte par conséquent cette impression de vide pour se concentrer sur le rendu graphique et les décors particulièrement savoureux.
Ajoutons à cela des personnages fins et détaillés qui ne tranchent pas avec ce qui les entourent, comme c’était le cas sur
Gangstar Rio par exemple. Idem pour les quelques décors intérieurs très soignés et riches en détails variés et jeux de lumière réalistes. Bref, la réalisation est aux petits oignons et l’immersion n’en est que plus réussie.
Duel au soleil
La prise en main est presque immédiate, facilitée par les précieux conseils dispensés par une belle entraîneuse. En quelques minutes, tous les mouvements et possibilités sont assimilés pour nous mettre directement au cœur de l’action. Au programme, plus d’une quarantaine de mission durant lesquelles il faudra participer à des courses de chevaux, éliminer des hors-la-loi, repousser des vagues d'ennemis, ou reprendre le contrôle d’un site. Pourtant le premier bémol apparaît après quelques minutes de jeu lorsqu’on se retrouve régulièrement dans des décors déjà vus pour y faire presque la même chose ! Si les ennemis et missions sont variés, ils ont en revanche une certaine tendance à se répéter dans la forme au gré des aventures, ce qui confère une petite monotonie sur la durée.
Par chance, l’évolution constante du personnage permet de palier à ce défaut. Entre les 19 armes qu’il convient de débloquer, les 8 chevaux à acquérir et les vêtements renforcés, il y a de quoi être récompensé régulièrement. Précisons d’ailleurs que nous débutons le jeu avec une monture, ce qui évite la phase d’accumulation de monnaie sonnante et trébuchante pour s’équiper. Au fur et à mesure que nous gagnions en puissance de feu ou en vitesse de déplacement, la difficulté des missions va crescendo, ce qui est appréciable. Idem pour les ennemis qui alternent des bandidos tout ce qu’il y a de plus classiques, avec des créatures fantastiques qui jurent un peu avec l’ensemble au début, mais qui assurent le spectacle.
Et puisque nous parlions de bémol, arrêtons-nous sur le second point critique : le système de visée. Pas toujours très précis, même s’il reste bien pensé, il n’est pas facile de localiser une cible ou de fuir un ennemi qui vous prendrait à revers. Il en résulte des phases d’action un peu brouillonnes durant lesquelles le niveau de survie de Buck baisse cruellement.
Mort ou vif

Et cela nous amène à notre troisième bémol : les potions de vie. Si Six-Guns est d’accès gratuit, il repose sur le principe de « l’achat in-game » qui tend à se généraliser ces derniers temps. Ainsi il y a deux monnaies dans le jeu : la factice que l’on gagne après avoir accompli une mission et qui permet d’acheter de l’équipement ou des améliorations ; et la vraie monnaie, celle qui vient du portefeuille du joueur, et qui permet d’acheter, entres autres, de la vie. Le problème est qu’il s’agit de l’unique moyen de se soigner ! Certes c’est une manière d’augmenter la difficulté du jeu, mais il y a une vive frustration qui peut s’installer lorsqu’un passage devient délicat. Evidemment la « vraie monnaie » permet aussi d’obtenir de l’équipement plus performant, et de court-circuiter une mission trop difficile en passant directement à la suivante. Précision utile, il est possible de s’assurer quelques crédits pour régler tout ça en regardant des publicités… œil pour œil comme on disait à l’époque !
Au final que penser de Six-Guns ? Sincèrement c’est une belle pépite que l’on aurait tort de bouder. La réalisation est impeccable (même sur 3GS), la durée de vie tout à fait honnête (surtout si vous prenez le temps de visiter le terrain plutôt que de profiter des options de raccourcis), la prise en main immédiate et l’intérêt évident. Reste à passer outre le système économique qui assure la gratuité du titre. On ne peut pas tout avoir, et on a déjà ici un très bon jeu, idéal pour les congés de fin d’année !
Disponible ici.