Skylanders Cloud Patrol
Tir aux Trolls irrésistible
L'OPA amicale mais implacable depuis Noël des Skylanders sur le monde du jeu vidéo et du jouet continue de belle manière jusqu'aux appareils Apple. Sur iPad et iPhone, la ménagerie fantastique fait encore la démonstration qu'un travail bien fait, même si pas totalement original, peut suffire à rallier tous les suffrages et faire grand plaisir.
C'est sûr, le gameplay d'un jeu de tir vite consommable retenu fort judicieusement pour le débarquement Skylanders (jeu disponible sur Xbox 360, PS3, Wii, Nintendo 3DS, PC et Mac) sur les machines iOS ne surprend pas. Mais à l'image du jeu d'aventure et d'action sur consoles de salon ou portables de la fin 2011, la réalisation impeccable et un petit je-ne-sais-quoi d'attraction fétichiste liée aux personnages Skylanders et leurs figurines font très vite oublier la banalité de l'affaire. Car, tout aussi sûrement, une fois lancé, le joueur ordinairement constitué, et de probablement n'importe quel âge, n'aura de cesse d'y revenir. Pour le score sûrement, mais aussi gagner davantage de ces foutus pièces jaunes qui éclaboussent l'écran comme des flocons de neige, et voir plus loin ce que le jeu réserve.
Des Trolls grimaçants et des moutons volants !

Ce susnommé Cloud Patrol, la patrouille des nuages, met en scène un Skylander à bord d'une caravelle volante équipée d'un canon, une canonnière selon le descriptif éditeur. Elle vole toute seule de zones en zones et s'installe en bas à gauche de l'écran devant des îlots flottants dans le ciel tel des petits atolls. Le but du jeu consiste alors à éliminer tous les Trolls qui surgissent à l'écran. Tantôt cachés derrière un bouclier médiéval, un mini bunker, ou voletants équipé d'un jet pack, les Trolls font bien face au joueur, grimacent peut-être avec provocation et ne se gênent pas pour envoyer qui un boulet de canon, qui une grosse balle tirée par ce qui ressemble fort à un tromblon. Au plus simple, il suffit de toucher chaque cible pour l'éliminer. Au plus sophistiqué il faut réussir des combos consistant à faire glisser son doigt sur l'écran de façon à relier plusieurs cibles entre elles et les éliminer d'une série de coups automatiques. Si réussite du combo, les gains progressent et une grosse pièce jaune apparaît qu'il faut toucher vite avant que la caravelle passe à la scène suivante. Et tant qu'à faire, autant ne pas rater le passage furtif des petit ballons flottants, des paquets cadeaux dispersés et, surtout, des moutons volants. Ah les pauvres victimes désignées qui traversent l'écran propulsées par on ne sait quelle intention comique à leur détriment ! Comment ne pas craquer encore et toujours à leurs vains bêlements ?
Trolls crétins ou Ninjas
On l'aura compris, le fun est atteint en mixant jeu de tir d'arcade directe, grands coups de doigt à travers l'écran comme dans
Fruit Ninja et, quand les malins Trolls surgissent puis se cachent à tour de rôle, un jeu de cache-cache à la
Lapins Crétins. Rien de bien nouveau fondamentalement, sauf que décidément, tout ce qui approche des Skylanders est réalisé avec le plus grand soin. Alors que le critique (grand défenseur auto attitré du consommateur) s'attend à devoir accuser la énième surexploitation d'une franchise prête à tous les compromis sur toutes les plates-formes, le bon mélange de gameplay et d'ambiance d'une production Skylander l'obligent à baisser les armes. Parce que vraiment il y a quelque chose d'irrésistible dans la mécanique de jeu, sa mise en situation, son enchaînement d'épreuves à la fois répétitives et variées. Même la difficulté semble bien réglée, progressive. Et pourtant, le principe fonctionne quand même à l'ancienne : une mine/bombe touchée par accident et c'est… game over. Et la partie redémarre au premier niveau. Le but consiste donc à aller le plus loin possible d'une traite, à tenir le plus longtemps possible et faire le plus gros score. À chaque lancement de partie, l'énoncé de quelques objectifs (taper-toucher 15 Trolls, shooter 5 cadeaux presque cachés, ou 5 chapeaux dans le décor…) enrichit le parcours de défis.
Petits hoquets

Techniquement, la production est presque au point mais mérite quelques remarques. Si le tout se présente de façon très fluide, le jeu souffre parfois de ralentissements, voire de mini freezes, quand l'action se démultiplie ou quand les Notifications de l'appareil Apple se déclenchent en superposition (testé sur iPad 2). Fidèle au principe de la franchise, le jeu permet de faire appel à 30 Skylanders (plus 6 annoncés), soit en dépensant les très rares gemmes bleues gagnées dans le jeu, soit en utilisant le code Internet fourni avec chaque figurine (c'est le moment de se demander avec angoisse si la petite étiquette livrée avec chaque figurine achetée a bien été conservée). L'interaction monde réel monde virtuel est encore une fois maligne mais, à ce jour et à partir de la version 1.1.0, la procédure demande quand même à être améliorée puisque il nous a été impossible de valider pendant toute une journée un code de figurine, le programme s'obstinant à signaler, en anglais, "Impossible de se connecter au serveur" alors que les tableaux de score du Game Center s'affichaient par exemple normalement. Un autre jour, le code a bien voulu se valider et le Skylander enfin déverrouillé se mettre aux commandes du canon. Malin, pour augmenter son score, le jeu incite à utiliser telle ou telle catégorie de Skylanders.
Attention à la monétisation dans le jeu
Alternativement, le jeu propose bien sûr, et là attention danger, d'acheter avec du « vrai » argent les fameuses gemmes bleues qui servent à déverrouiller les Skylanders mais aussi à améliorer les capacités des 8 objets magiques exploitables en cours de partie. Même si une petite phrase indique que l'on va utiliser du "vrai argent", l'absence d'unité monétaire (dollar ou euro) indiquée derrière le chiffre peut encourager à la vitesse grand V un achat involontaire. Alors que le jeu compatible iPad et iPhone (mais la sauvegarde n'est pas commune, dommage) ne coûte que 79 centimes, une vraie belle affaire, il est possible en deux clics malheureux de dépenser jusqu'à… 40 euros (!) de gemmes bleues ! Les parents auront tout intérêt à bloquer en amont les achats in game malencontreux (mode d'emploi
iciVictoire mains levées
Un Skylander ouvertement opportuniste sur les machines Apple méritait circonspection. Notamment parce que le gameplay exploite sans remords les jeux d'adresse plébiscités de l'AppStore et organise gentiment la rareté pour inciter à la vraie dépense. Mais il permet aussi de continuer à faire vivre les figurines achetées avec les jeux consoles et prolonge encore un peu l'univers fort sympathique des Skylanders avec des animations et des bruitages sonores vraiment réjouissants. Et puis, surtout, les deux mains en alerte sur iPad (ou les deux pouces sur iPhone), le jeu d'action et d'adresse, très sérieux, plus fouillé que superficiel, convainc totalement.