« Et pourquoi ne pas redéfinir toutes les règles qui régissent notre propre langage ? » C’est l’argument de base de Wikipourri, la déclinaison pour l’iPhone d’un site Internet sous-titré « l’encyclopédie Web du grand n’importe quoi ». Disons-le sans ambages : ne cherchez pas l’utilité de cette application, elle n’a d’autre intérêt que de vous divertir, voire de vous arracher un sourire. Comme une partie de son nom l’indique, Wikipourri repose sur la contribution de ses utilisateurs pour exister. Ici, nulle volonté de constituer un corpus sérieux : les utilisateurs proposent des définitions farfelues de mots ou d’expressions détournés de leur sens habituel. Certaines contributions vous étonneront, d’autres vous consterneront, et vous aurez l’impression d’avoir déjà entendu cent fois quelques-unes d’entres-elles. Le résultat est donc très inégal.
On sourit devant la définition de « synonyme : mot à écrire à la place de celui dont on n’est pas certain de l’orthographe », de « concupiscent : succession de gros mots » ou de « PlayStation 3 : contraceptif ». On est plus dubitatif face à « mener grand train : dépenser sans compter pour un conducteur de TGV » ou à « Cofidis : se dit quand l’huissier frappe à ta porte ». Nombreuses sont les entrées qui revêtent un caractère grivois, voire scatologique, en rapport avec l’alcool, les cours ou les soirées étudiantes. Loin de nous l’idée de condamner, nous tenons simplement à souligner le côté générationnel de Wikipourri. Si vous avez dépassé 25 ans, il y a peu de chances que l’application vous fascine. Dans le cas contraire, vous trouverez certainement amusant de partager les expressions que vous utilisez avec vos amis. Vous pourrez publier aisément vos contributions en cliquant sur « pourrir le wiki » ; là, pas besoin d’inscription, il suffit d’entrer votre pseudo, puis votre « mot ou expression pourri » que vous classerez dans une des trois catégories fun, sérieux ou déjanté. Par la suite, les autres utilisateurs pourront noter vos soumissions sur le principe du « j’aime/j’aime pas », les partager sur Facebook ou les envoyer rejoindre la section Favoris.
Graphiquement, Wikipourri est une réussite, dans un style urbain du plus bel effet. La prise en main est immédiate, mais on note un énorme point noir : l’éditeur Forecomm n’a pas jugé utile de doter son application d’un moteur de recherche. Il est donc obligatoire de parcourir la liste des nouvelles entrées – ou celle des contributions les mieux notées – si l’on souhaite retrouver une définition en particulier. Peu pratique et parfois rageant. Dommage aussi qu’une équipe de modération n’intervienne pas pour corriger les nombreuses fautes d’orthographe qui finissent par piquer les yeux.
Finalement, on se lasse vite de Wikipourri, ce qui n’est guère surprenant : l’éditeur annonce lui-même la couleur dans la page d’information en se décrivant comme une société qui « fait des apps qui servent à queud’ sur des téléphones pas pourris du tout » !
NB : attention, cette application n’est pas compatible avec les iPod Touch de première génération.
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